l 'esclavage
Les esclaves publics(servi publici ):
Les esclaves sont la propriété de l'Etat, ils assurent les tâches d'intérêt général que celui-ci prend à sa charge et qui sont confiées aux services municipaux, dans la capitale et dans les villes de province. Ce sont des ouvriers qui assurent les travaux de voirie (entretien, réfection, nettoyage), le service des eaux, si important dans une ville qui consomme tant d'eau (dans les thermes par exemple), la surveillance des égouts, des bâtiments publics, ou des employés de bureau pour les tâches administratives indispensables au fonctionnement de ces services (secrétaires, comptables). On accordera une mention particulière aux pompiers (ils font partie du service des Vigiles, chargés de la sécurité de la ville) appelés à intervenir très souvent pour combattre les incendies, accidentels ou d'origine criminelle, très fréquents et souvent dévastateurs.Ces services ont pris une importante croissance, sous l'Empire, où l'Urbs, devenue la capitale du monde connu des Anciens, a connu un développement prodigieux. On peut rattacher aux servi publici les condamnés aux travaux forcés qui travaillent dans les mines (metalla), dont l'exploitation est affermée.
Les esclaves impériaux:
On désigne ainsi ceux qui appartiennent à l'empereur lui-même. Ils sont en quelque sorte les héritiers ou successeurs de ceux au service desquels, au cours des guerres civiles du premier siècle av. J.C., avaient eu recours les différents acteurs, hommes politiques et grands généraux (imperatores), comme Sylla, Pompée ou César, dans les proscriptions et sur les champs de bataille, services récompensés par l'affranchissement.
L'empereur (princeps) est le plus grand propriétaire d'esclaves. Il les emploie pour son service personnel naturellement, mais il les introduit dans les rouages de l'État. Ils peuplent les bureaux. Affranchis, ils jouent un rôle très important, quelquefois primordial, à tous les niveaux, dans le gouvernement de l'Urbs. Les empereurs Claude et Commode ont eu particulièrement recours à leurs services, favorisant ainsi leur intégration. En premiers Pallas et Narcisse.
La fin de l'esclavage antique:
Nous avons eu l'occasion de dire, à plusieurs reprises, que la société romaine s'était profondément transformée au cours des siècles et qu'en particulier la condition des esclaves avait considérablement évolué, aussi bien à Rome même qu'en Italie et dans les provinces. Les facteurs économiques, les décisions des empereurs ont joué leur rôle, de façon différente sans doute selon les lieux et les périodes, même dans un cadre juridique défini strictement mais qui évolue lui aussi.
En Occident, l'esclavage disparaîtra progressivement mais très lentement (les esclaves sont très nombreux par exemple à l'époque carolingienne) pour être remplacé progressivement par le servage, qui repose sur d'autres types de relations entre les hommes. On notera toutefois qu'il subsistera ici et là même à une époque tardive (dans certaines cités italiennes, au quinzième siècle, la domesticité, surtout féminine est constituée de personnes libres et d'esclaves).
La question qui se pose cependant, à propos de l'esclavage antique, c'est de savoir si cette évolution constatée dépendait aussi du changement des esprits et des sensibilités, sous l'influence des doctrines philosophiques et des nouvelles religions : on pense en particulier au stoïcisme et au christianisme.